La danse macabre
de Carisolo

église de Carisolo

English version


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1996-2017 © Patrick Pollefeys

À quelques kilomètres au nord-ouest de Pinzolo se trouve la petite ville de Carisolo. Sa danse macabre, peinte aussi par Simone Baschenis en 1519, se trouve sur le mur extérieur de la chapelle du cimetière de San Stephano. Les fresques des deux villes ont beaucoup en commun, malgré l'écart de vingt années qui sépare leur création. Cependant, celle de Carisolo est en mauvais état : plusieurs squelettes sont presque effacés, et le temps a pâli les traits de visage des vivants, qui restent cependant reconnaissables grâce à leurs vêtements.

Tout comme à Pinzolo, la danse macabre débute avec trois Morts musiciens. L’un d’entre eux souffle dans une cornemuse et les deux autres, dans des trompettes. Ensuite, l’artiste a représenté le Christ ; mais il l’a peint debout, et non pas en croix comme à Pinzolo. Le Sauveur est accompagné d’un mort (aujourd’hui très effacé) et sa posture suggère qu'il est en train de bénir les spectateurs de la danse macabre. Après lui viennent les seize personnages, divisés en trois groupes distincts :
1- Les ecclésiastiques avec le pape, le cardinal, l'évêque, le prêtre et le Franciscain.
2- les hommes laïques avec l'empereur, le roi, le chevalier, l'usurier, le jeune homme,
le mendiant et l'enfant.
3- Les femmes avec la religieuse, la noble et la vieille femme.

Carisolo partie 1Carisolo partie 2Carisolo partie 3Carisolo partie 4Carisolo partie 5Carisolo partie 6

La danse macabre se conclut avec un tableau de la Mort, montée à cheval et armée d’un arc, attaquant un groupe de personnes de diverses classes sociales. La présence d'un mort cavalier-archer est un autre point commun entre cette danse macabre et celle de Pinzolo. À Carisolo toutefois, les flèches épargnent les personnages de la danse et atteignent seulement les figurants de la scène finale. Quant aux squelettes qui accompagnent chacun des vivants, ils ne portent aucun des attributs associés à l'art macabre (cercueil, pelle, sablier). Enfin, détail tendre et cocasse : le squelette qui emporte l'enfant n’est pas plus grand que sa victime!

Un texte accompagne la danse macabre de Carisolo, mais il est désormais pratiquement illisible.