La danse macabre
de Hrastovlje

église de la Trinité

English version

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1996-2017 © Patrick Pollefeys

La région de l'Istrie, en Ex-Yougoslavie, a la particularité de posséder deux danses macabres. La plus ancienne se situe dans la partie croate de l'Istrie, plus précisement à Beram. La seconde se trouve dans la partie slovène, soit à Hrastovlje. Cette petite ville possède une église fortifiée de la Trinité qui date du 12e siècle. Elle est décorée de plusieurs fresques. Outre la danse macabre, il est possible d'y voir plusieurs personnages et scènes bibliques (douze Apôtres, la sainte Trinité, les Rois mages, la création du monde, la Passion, etc.). La danse macabre a été découverte en 1950 et restaurée par la suite. Elle a été peinte par Jean de Kastav en 1490. Elle se distingue des autres danses macabres par le fait qu'elle se déroule de droite à gauche, ce qui est plutôt rare. De plus, les squelettes ne dansent pas vraiment; ils défilent plutôt. Ils ne marchent pas vers un récitant, mais vers un autre squelette qui se tient assis sur une cathèdre. Celui-ci de sa main droite maintient ouvert le couvercle d'une tombe et à ses pieds, une pelle et une houe jonchent le sol.

Fresque partie 1Fresque partie 2Fresque partie 3Fresque partie 4

On distingue onze personnages dans cette danse macabre dépourvue de texte. Après la tombe, on remarque le pape, le roi, la reine, le cardinal, l'évêque, le moine, le bourgeois, l'usurier, le jeune homme, l'estropié et finalement l'enfant sortant de son berceau. Le squelette qui escorte le pape pointe du doigt la destination finale de tous les personnages de cette danse, la tombe. Ceux qui accompagnent le roi, le cardinal, le moine et le bourgeois ont la main droite levée. Cette attitude suggère une forme de salut. Il est étrange de constater que seulement deux squelettes portent des accessoires (l'un avec l'évêque et l'autre avec l'estropié). À remarquer l'attitude amusante de l'usurier qui de sa main droite fouille dans son sac, pendant que sa main gauche offre une bourse à la Mort. Il s'agit du seul personnage qui n'est pas tiré par la main, mais par ses habits. L'usurier n'a pas compris que la Mort ne peut pas être "achetée", elle est incorruptible et elle entraîne riches et pauvres dans sa danse.