La danse macabre
de Daniel Nikolaus Chodowiecki

La mort et la pape (détail)

English version


Copyright (textes)
1996-2017 © Patrick Pollefeys

Daniel Nikolaus Chodowiecki a réalisé cette danse macabre en 1791. Il s'agit d'une série de douze gravures. Ici encore, la Mort ne danse pas la farandole, mais intervient dans le quotidien des gens. Elle n'est pas jubilatoire, mais excessivement agressive, voire violente. Elle poignarde le pape à l'aide d'une flèche, se prépare à assassiner le roi, s'apprête à transpercer la marchande de poisson avec une faux, s'attaque à un garde. Même le général est traqué par deux Morts, l'une, montée sur un cheval-squelette, le fusillant, et l'autre le menaçant de sa faux. La Mort sait être cruelle; elle s'en prend à un mendiant, enlève un bébé de son berceau alors que sa nourrice s'est assoupie, agresse une mère sous les yeux de ses enfants. Chodowiecki a inclu dans sa danse macabre des scènes classiques, comme celle de la Mort créant la panique à la cour de la reine ou celle de la Mort qui s'interpose entre le médecin et son patient. Ce thème a maintes fois été repris dans des danses macabres ou dans d'autres oeuvres individuelles. L'artiste a aussi ajouté des représentants de classes sociales plutôt inusitées comme la fille de joie ou l'aristocrate se glorifiant de sa lignée. On voit bien ce dernier pointer du doigt les armoiries de sa famille pendant que la Mort se prépare à l'occire. Comme toujours, riches et pauvres se côtoient dans la mort.